À l’heure où le Québec cherche les voies de renouvellement de son économie forestière face à l’épuisement des approches conventionnelles, la question de la réappropriation des ressources par les milieux locaux devient centrale. Cette nouvelle fiche économique de l’IRÉC, signée par la chercheuse Nadia Lemieux, met en lumière une initiative remarquable qui propose un véritable changement de paradigme : l’expérience du Groupe AGIR au Lac-Saint-Jean.
Issue d’une concertation locale amorcée au début des années 1990 dans la MRC de Maria-Chapdelaine, l’Agence de gestion intégrée des ressources (AGIR) incarne un modèle unique de foresterie communautaire. Structurée sous la forme d’un organisme à but non lucratif (OBNL), cette entreprise d’économie sociale regroupe aujourd’hui 13 corporations forestières locales. Son fonctionnement repose sur une gouvernance démocratique et bénévole, solidement ancrée dans chaque municipalité du territoire.
La fiche analyse comment le Groupe AGIR a su transformer les activités de récolte forestière sur les terres publiques en un levier de développement régional. Grâce à un partenariat de long terme avec l’entreprise Domtar — qualifié d’« entente d’approvisionnement à portée communautaire » —, le Groupe AGIR gère l’exploitation de plus de 200 000 m³ de bois annuellement. Les surplus générés par ces opérations ne sont pas externalisés, mais plutôt redistribués équitablement pour financer des projets de développement et des équipements collectifs dans les communautés locales. Pour la seule année 2024-2025, ce modèle a permis d’investir plus de 626 000 $ et de soutenir 77 projets locaux.
En décortiquant les conditions de succès de cette initiative — reconnaissance de la forêt de proximité, partenariats industriels durables et engagement des acteurs clés —, cette publication démontre le potentiel réel de réplicabilité de la foresterie communautaire pour revitaliser les régions du Québec.




