LE RÔLE DE L’ACTION COMMUNAUTAIRE DANS L’INSERTION SOCIALE À MONTRÉAL : LE CAS DU CENTRE N A RIVE DANS LA COLLECTIVITÉ HAÏTIENNE

Dans cette recherche, nous analysons la contribution des organismes communautaires d’insertion sociale au processus de renforcement des liens sociaux et à la cohésion sociale dans le contexte montréalais. L’étude empirique a porté sur le cas du Centre N A Rive de Montréal. Les contributions de ce Centre au développement de l’économie sociale à Montréal concernent deux domaines : d’une part, le domaine de la formation concernant l’employabilité et les droits de citoyenneté des personnes menacées ou en risque d’exclusion sociale ; d’autre part, elles concernent aussi le domaine du développement de l’entrepreneuriat social immigrant, où le Centre N A Rive joue un rôle d’avant-garde. À travers ce cas, notre but a été celui de connaître les stratégies mises en œuvre par les organisations d’insertion sociale, notamment en ce qui concerne les immigrants, et de dégager les stratégies appliquées par ces organisations susceptibles d’accroître la cohésion sociale dans la ville.

L’analyse du cas du Centre N A Rive nous a permis d’examiner l’évolution de la formation de la communauté haïtienne de Montréal et son insertion dans la collectivité québécoise et montréalaise. Afin de bien comprendre le processus menant à la formation et à la consolidation de cette communauté dans la métropole québécoise, nous avons dû nous pencher sur l’histoire contemporaine d’Haïti. Cela nous a appris qu’Haïti est l’un des pays ayant les plus hauts taux d’émigration dans le continent américain. La dynamique empruntée par le flux migratoire haïtien depuis les années 1950 a fait de la province de Québec et particulièrement de la ville de Montréal l’une des cinq principales destinations des immigrants haïtiens au monde. L’analyse du cas du Centre N A Rive nous a permis d’inventorier les causes qui ont poussé les Haïtiens à quitter leur pays d’origine et la manière dont cela s’est reflété au fil du temps dans la clientèle desservie par ce Centre depuis sa création. Nous avons analysé aussi l’évolution du Centre en lien avec les différentes vagues migratoires haïtiennes qui sont arrivées au Québec.

La méthodologie de l’étude de cas nous a permis également d’identifier les innovations sociales menées par le Centre dans le domaine de la pédagogie, particulièrement dans le champ de l’alphabétisation des immigrants adultes. Dans le champ de l’économie sociale, l’étude nous a permis de vérifier l’importance des organismes inspirés de cette philosophie, en ce qui a trait aux processus d’insertion à la vie active de la société des personnes en risque d’exclusion sociale, ainsi qu’à la cohésion sociale dans un milieu urbain caractérisé par la diversité ethnique et culturelle.

Un enjeu méritant un examen plus approfondi dans de prochaines recherches serait celui du rôle joué par les femmes dans le domaine de l’entrepreneuriat social chez les minorités visibles issues de l’émigration à Montréal, rôle qui est mis en lumière par notre recherche mais que nous n’avons pas analysé de façon spécifique.

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