L’objet de cette thèse est l’analyse de la genèse, du développement et des transformations contemporaines de la grande corporation américaine de droit privé, comprise à la fois comme matérialisation d’un mode de régulation spécifique de la pratique et comme sujet de l’économie. En effet, la corporation sera envisagée comme cette forme sociale ayant permis la reproduction élargie de l’organisation capitaliste, telle qu’elle a d’abord été théorisée par Marx. Ayant pris naissance dans les pores de la société moderne sous le couvert de la propriété privée, l’organisation capitaliste s’est développée sur la base d’une subordination réelle des pratiques économiques au capital, générant une contradiction structurelle au cœur de cette société. Mue par une logique d’expansion continue mais confrontée aux limites de son encastrement politique, l’organisation capitaliste a fait l’objet, aux États-Unis, d’un processus d’incorporation lui permettant de se reproduire de manière élargie. Par cette incorporation, c’est la capacité à organiser proprement dite qui était séparée de l’entrepreneur pour être reconnue comme « personne morale » autonome. Bénéficiant à ce titre d’une immunité politique garantie par la Constitution, la corporation a constitué le navire amiral du développement de la régulation organisationnelle au 20e siècle, et a permis son extension à l’ensemble des sociétés du monde. Cependant qu’à la faveur des déréglementations économiques et financières ayant eut cours durant les années 1980, un nouveau chapitre s’est ouvert dans l’histoire de l’organisation capitaliste, puisque la constitution d’un système financier globalisé a coïncidé avec la formation d’un nouvel espace de contrainte pour les corporations. C’est précisément cet espace de contrainte financière qui est devenue l’instance supérieure de régulation des organisations corporatives et des institutions politiques. Ayant fait main basse sur les processus décisionnels des corporations, les organisations financières formant ensemble ce système financier ont dès lors procédé à une subordination réelle des corporations, en impulsant une financiarisation de leurs structures et de leurs stratégies. L’analyse de ce processus, toujours en cours, permet d’en apprendre davantage sur la nature du capitalisme financiarisé, ainsi que sur les dispositifs centraux menant à sa reproduction. La caractérisation des logiques de restructuration propres à ce vecteur de financiarisation à laquelle nous procéderons pourra ainsi être comprise comme la contribution de la présente thèse à l’intelligence des rapports entre les fonctionnements spéculatifs du système financier, les nouvelles stratégies de capitalisation des corporations, et les origines de la neutralisation des institutions politiques actuelles.
Béhémoth Capital. Contribution à une théorie dialectique de la financiarisation de la grande corporation
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- Francois Litalien
2,292 Mo
Informations
- Auteur.e(s)
- L'Italien, François
- Année de production
- 2012
- Université(s)
- Université Laval
- Catégorie(s)/Sujet(s)
- Théorie économique
- Nature du document
- Thèse de doctorat